LEO RECORDS Music for the Inquiring Mind and the Passionate Heart
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CD LR 299

CD LR 299 - LEO RECORDS

Ramon Lopez Quartet 

Songs of the Spanish Civil War

Release date: 2000

Single CD (audio): GBP 10.00
listen CD_LR_299
The first solo CD by Ramon Lopez on Leo Records was an instant success (Eleven Drums Songs, LeoLab 044). It was in the top ten CDs of the year by almost every writer in France.

But for this, his next project, Songs of the Spanish Civil War, Ramon Lopez put together a quartet of heavyweights: Paul Rogers on bass, Daunik Lazro on reeds, Thierry Madiot on bass trombone, and a special guest - Benat Achiary - who puts vocals to three songs.

The first analogy is, of course, with Charlie Haden's Liberation Music Orchestra, but the musical language is, of course, newer and stronger.

The total time is 53'20

Liner Notes

( Collapse liner notes )

   Les chants désespérés sont souvent les plus beaux... C'est Charlie Haden qui, le premier dans le jazz, a mis le doigt avec son Liberation Music Orchestra -- plusieurs années après les "colères" de Charles Mingus ou de Max Roach -- sur un répertoire emprunté à des chants de lutte, de libération ou de résistance de peuples opprimés du monde entier (Salvador, Portugal, Chili, Nicaragua, Venezuela, Afrique du Sud...) et tout particulièrement à différents épisodes de la révolution espagnole de 1936 à 1939.
   La guerre d'Espagne symbolise en effet à elle seule les conflits du 20e siècle : préfigurant la seconde guerre mondiale dans la mise en scène des tactiques et des stratégies de ses principaux protagonistes -- en particulier fascistes et staliniens -- elle est aussi exemplaire des actions de "communisme réel" et de collectivisme prônées et menées par les anarchistes de la C.N.T. - F.A.I. (freinées par le parti communiste, plus attentif à la ligne militaire de Staline qu'à la révolution sociale) dans les régions qu'ils contrôlaient : collectivisation spontanée des terres en Aragon, des usines en Catalogne, et aussi dans les écoles, les transports, les milices, etc.
   La lutte anti-fasciste en Espagne fut aussi une lutte pour la culture se caractérisant par l'ouverture à tous des bibliothèques et des musées et par le développement -- spontané et le plus souvent collectif -- de tout un courant d'art populaire qui se manifestera d'abord (tout comme en mai 68 en France quelques décennies plus tard) dans une floraison d'affiches aux grandes qualités graphiques. On assista également à une véritable renaissance de la poésie et la musique populaire pendant la révolution -- de nombreux musiciens, poètes et comédiens joignant en masse la C.N.T. -- tout particulièrement dans la réappropriation par les combattants de chansons traditionnelles que l'on dota de nouvelles paroles, mais aussi de chansons venant d'autres révolutions avec des paroles nouvelles.
   Aujourd'hui encore, ces chansons restent inscrites de manière indélébile dans la mémoire, l'inconscient et le c¦ur du peuple espagnol, certaines étant devenues des standards à leur façon, comme La sardana de les monges ou La santa espina, vieux chant catalan repris par les combattants républicains, comme El himno de riego, chanté lors de l'insurrection républicaine de 1820 et devenu l'hymne officiel de la république espagnole ou Els segadors, l'un des plus anciens des airs populaires révolutionnaires, devenu l'hymne de la république catalane. Certains de ces airs étaient à l'origine de vieilles chansons d'amour, comme Ay Carmela, chantée par les partisans espagnols en lutte contre les armées napoléoniennes en 1808 et qui, par détournements successifs de ses paroles, s'est aussi appelée selon les circonstances Ay Manuela, Rumba la rumba, El ejercito del Ebro ou El paso del Ebro (on en retrouve même d'autres adaptations ultérieures en Amérique du Sud), comme Los cuatro muleros, devenue successivement Los cuatro generales et Coplas de la defensa de Madrid, comme la chanson traditionnelle Los contrabandistas de Ronda, devenue El tren blindado. Et le batteur Ramón López, né en 1961 à Alicante (Espagne) et installé à Paris (France) depuis 1985, avait à c¦ur de réinvestir à sa manière et à la lumière de son histoire propre ces témoignages de son patrimoine intime. Percussionniste à l'assise rythmique impeccable et aux fortes qualités mélodiques, doté d'un sens très raffiné des couleurs et de la dynamique, il s'est produit avec Denis Colin, Jean-Marc Padovani, l'Orchestre national de jazz de Didier Levallet (ONJ 1997-2000), l'ensemble Lousadzak de Claude Tchamitchian, mais aussi avec Ivo Perelman, Charles Gayle, Hans Koch ou Ernst Reijseger.
   Après un superbe album de batterie seule en 1998 qui fit swinguer la jazzosphère ("Eleven Drums Songs", Leo Lab CD 044), il décide de monter son propre quartette, à partir du répertoire de ces "chants de la guerre d'Espagne" ouvert aux improvisations les plus débridées, en compagnie de quatre fortes personnalités de la scène internationale des musiques improvisées.
   Compositeur et improvisateur, aussi à l'aise dans le jazz conventionnel que dans l'improvisation radicale, le contrebassiste Paul Rogers promène sa sonorité ronde et sa virtuosité dans les univers de Paul Dunmall, Sophia Domancich, Evan Parker ou Paul Rutherford. Spécialiste du trombone basse aux sonorités grasses et puissantes, Thierry Madiot se produit abondamment en solo, avec la danseuse Li-Ping Ting, en compagnie d'Alfred Spirli, Sophie Agnel ou Hélène Breschand. Engagé depuis les années 80 dans les méandres tourbillonnants de l'improvisation libre, Daunik Lazro est un saxophoniste au lyrisme généreux et au phrasé porteur d'une infinie tendresse, partenaire privilégié et fidèle de Joe McPhee, Raymond Boni, Annick Nozati, Claude Tchamitchian ou Carlos Zingaro. Invité exceptionnel, le volcanique chanteur basque ("du nord") Beñat Achiary intervient ici avec fougue sur ce répertoire déterminant, entre fureur et étreinte.
   Ensemble, imprégnés de ces danses traditionnelles (la buleria, la sardane...) et de ces chansons (où apparaissent, en filigrane, des évocations de Federico García Lorca -- "une de mes lumières sur terre" confie Ramón López -- de Buenaventura Durruti, de La Passionaria, des Brigades internationales, des miliciens et combattants anonymes, guerilleros de "no pasarán"...) qui forment l'épine dorsale de leurs improvisations, ils réinventent -- à la lumière de l'axiome libertaire "l'initiative individuelle mise au service de la collectivité" -- une musique bouleversante, mordante et constamment sur le fil, à l'expressivité sombre et cependant pleine de vie, en ravivant magistralement l'Histoire et la mémoire.

Gérard Rouy

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